MANO · Projets · Logement

La cité
coopérative

On construit la moitié. Les habitants font le reste.

À Marseille, le projet ne livre pas des logements achevés. Il livre une ossature de béton armé et la moitié des surfaces. L’autre moitié reste vide, offerte aux habitants, qui la construisent à leur rythme et selon leurs moyens. Le logement n’est plus un produit fini mais un chantier ouvert.

Coupe perspective de la cite cooperative a Marseille, une travee sur deux livree construite
Perspective au trait de la cité coopérative à Marseille
La trame et ses décalages. Les vides ne sont pas des accidents mais la réserve foncière de chaque logement, à l’intérieur même du bâtiment. Dessin MANO.
Maquette de la cité coopérative à Marseille
La maquette met en évidence l’épaisseur habitée de la façade et le jeu des retraits successifs. Maquette MANO.

Données

StatutConcours d’idées
LocalisationMarseille
ProgrammeLogement collectif coopératif et évolutif. La moitié des surfaces est construite, l’autre est achevée par les habitants
Calendrier2015
Maîtrise d’œuvreMANO. Benjamin Loiseau, Bertrand de Cointet, Noémie Boulon.
StructureOssature béton armé, remplissages et parois en mélèze préfabriqués
ImagesMANO

Le projet

Le principe tient en une phrase : on ne construit que la moitié. L’ossature de béton armé est livrée complète, sur toute la hauteur. À l’intérieur, une part seulement des surfaces est aménagée. Le reste demeure un volume libre, couvert et desservi, que chaque habitant achève quand il le peut.

Ce partage change la nature de l’opération. Il abaisse le prix d’entrée, il étale la dépense sur des années, il rend au logement une capacité d’évolution que le produit fini lui refuse. Une famille qui s’agrandit ne déménage pas : elle construit.

La structure en béton est laissée apparente. Le béton conduit bien la chaleur : les parois intérieures sont donc préfabriquées en bois et reçoivent une isolation renforcée. Le matériau reste peu onéreux, simple à mettre en œuvre et à travailler, ce qui compte quand une partie du chantier revient aux habitants.

Son mode de production est énergivore, donc polluant. La présence d’une carrière dans le quartier Sainte-Marthe, exploitée par Bronzo, Pérasso, Lafarge et Gontéro, réduit réellement la pollution liée au transport des matériaux. Cette carrière propose par ailleurs un béton composé à quarante pour cent de matériaux recyclés.

Une atmosphère méridionale pénètre le bâtiment par les larges ouvertures des fenêtres et par les remplissages en mélèze non traité, préfabriqués en coopérative. Ils contrebalancent la rigueur de l’ossature. Pour des raisons de rationalité économique, le bâtiment ne possède aucun sous-sol.

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