Logements 50/50
Donner aux habitants la main sur leur logement.
Un concours pour Aubervilliers, en février 2020. Chaque logement est fait de deux moitiés : un module construit de sept mètres sur sept, livré clé en main, et une terrasse de même surface, libre à la construction. L’habitant décide s’il l’occupe, quand, et comment. D’où le nom.

Données
| Statut | Concours |
|---|---|
| Localisation | Aubervilliers, Seine-Saint-Denis |
| Programme | Logements évolutifs. Module construit de 7 × 7 m et volume libre de même surface |
| Surface | 5 000 m² |
| Calendrier | 2020 |
| Coût des travaux | 9 M€ |
| Maîtrise d’ouvrage | Plaine Commune Habitat |
| Maîtrise d’œuvre | MANO mandataire, Sébastien Lecaille |
| Missions MANO | Concours |
Deux moitiés
Un module de 7 × 7 mètres, livré fini. À côté, un volume vide de même dimension, structurellement prêt, laissé à disposition. Chacun agrandit son logement selon ses besoins et son budget, à son rythme. Une faisabilité chiffrée est soumise à chaque habitant, modulant l’investissement personnel et la mise en commun des charges ; le projet évolue avec les décisions prises.
Ce partage n’est pas un artifice de concours. Il déplace la question : on ne livre plus un logement fini à un acheteur passif, on livre une capacité.
Les circulations dehors
Les coursives sont rejetées à l’extérieur des cellules. Conséquence directe : tous les appartements sont traversants, et l’emplacement de chaque logement devient négociable. Le bâtiment reste modifiable dans le temps, sans toucher à sa structure.
La référence est assumée. Jean Renaudie et Renée Gailhoustet à Ivry, les arcologies de Paolo Soleri, le rendu de Piano et Rogers pour Beaubourg. La banlieue nord de Paris est un lieu historique d’expérimentation ; le projet s’y inscrit sans nostalgie.
La grande serre
Une serre commune traverse le bâtiment et en constitue l’élément premier. Les coursives la parcourent, les logements ont vue sur elle. Elle accueille aussi bien des activités agricoles que sociales.
Le principe d’usage est simple : chacun y propose un atelier selon ses compétences, et reçoit en échange des avantages pratiques — des heures de garderie, des légumes, l’accès à d’autres formations. Une serre-école urbaine, où le savoir circule au lieu de s’acheter.
Un chiffre a orienté le programme : 95 % des fruits consommés en Seine-Saint-Denis viennent de l’extérieur du département. Vergers et potagers entretenus par les habitants réduisent ce ratio, et les savoir-faire se transmettent entre volontaires.
Le socle
Le rez-de-chaussée est laissé au choix des habitants : garde d’enfants tenue par les aînés, salle de sport, atelier de bricolage, laverie, AMAP, restaurant associatif. Ces locaux peuvent aussi s’ouvrir sur le quartier — associations, résidence d’artistes, pépinière d’entreprises.
Un point a structuré la réflexion : en 2030, un Français sur deux aura plus de cinquante ans. Le projet ménage les espaces où cette génération devient une ressource plutôt qu’une charge.
Concours non lauréat. Le principe des deux moitiés a nourri les projets suivants de l’agence.


Un programme de logements à monter ?
MANO intervient en maîtrise d’œuvre comme en contractant général : un contrat, un prix, un délai.
